Cette année, dans le nord de la Norvège, le mois d’août était déjà frais. Dans la nuit du 24 août, le ciel au-dessus des comtés de Troms et Finnmark s’est paré d’une couleur tout à fait incroyable. Au lieu de la lueur émeraude habituelle, les caméras ont capté une brume blanche dense, presque palpable.
La Norvège est située très au nord, et vers la fin du mois, le crépuscule y est déjà bien installé – ce que l’on appelle la « nuit bleue ». Le ciel est assez sombre pour laisser entrevoir une faible luminosité, mais sans les gels mordants de l’hiver.
Cette année, l’été a coïncidé avec le pic du 25e cycle d’activité solaire. Notre étoile a lancé éruption sur éruption, envoyant vers la Terre des éjections de masse coronale de plus en plus puissantes. Aussi, de violentes tempêtes géomagnétiques de classe G4-G5 ont bouleversé le calendrier habituel des chasseurs d’aurores.
La lueur était si intense qu’on l’a aperçue bien plus au sud que la ceinture habituelle des aurores boréales.
L’aurore boréale blanche est un effet optique qui se produit lorsque, sous l’effet d’un vent solaire intense, les atomes des différents gaz de l’atmosphère sont excités simultanément : l’oxygène émet des ondes rouges et vertes, l’azote des ondes bleues et violettes. À l’apogée de la luminosité, toutes ces couleurs se mêlent.
Le système sensoriel humain est alors saturé, et le cerveau fusionne toutes les teintes pour restituer une image d’une lueur fantomatique, presque incolore.
Un tel phénomène n’est capturé par l’objectif que quelques fois par décennie. L’aurore blanche est un véritable Graal cosmique pour les photographes naturalistes.
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