Fenêtre de temps

Par tags

Par catégorie

  • Toutes

Contrôler le Rimland pour dominer le monde

Partie 1 Partie 2


Dès la fin des années 1940, les États-Unis multiplient bases et pactes militaires (OTAN, ANZUS, OTASE, CENTO, etc.) dans le Rimland pour contrôler les périphéries asiatiques, riches en gaz et pétrole, dans le but d’endiguer l’URSS, alors que Staline consolide son glacis est-européen.

L’objectif prioritaire des États-Unis, en paix comme en guerre, est d’empêcher toute coalition hostile des États dominants du Vieux Monde. Cette lecture américaine du monde, qui imprègne toute la guerre froide, a largement illustré cette opposition.


Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Loin d’être obsolète, le concept de Rimland éclaire les dynamiques contemporaines sous un angle nouveau : celui d’une instabilité systémique et d’un espace de vulnérabilité stratégique.


Aujourd’hui, le Rimland désigne des zones de basculement, des régions-charnières entre puissances terrestres et maritimes, souvent instrumentalisées dans les jeux d’influence mais rarement stabilisées. Il s’agit d’un espace tampon : Europe centrale, Caucase, Asie centrale, Balkans, Moyen-Orient, Afghanistan… des territoires qui, loin d’être périphériques, deviennent les épicentres des conflits stratégiques.

Cest là que se déroulent les guerres hybrides (Ukraine), les révolutions de couleur (Géorgie, Kirghizstan), les interventions indirectes (Syrie), C’est aussi un théâtre privilégié pour les politiques d’influence, via des ONG, des réseaux diasporiques ou des infrastructures stratégiques (gazoducs, routes logistiques).


Les conflits du XXIe siècle confirment cette actualité stratégique: Ukraine, Caucase, mer Noire (luttes pour l’accès aux mers et aux ressources) ; Balkans, Moldavie, Biélorussie (zones de flottement post-soviétique) ; Iran, Afghanistan, Pakistan (bascules entre axe sino-russe et occidental). Dans ces régions, l’instabilité n’est pas un accident : elle est structurelle, voire entretenue par les grandes nations pour empêcher un verrouillage durable de ces territoires.


La théorie du Heartland montre que contrôler le centre de l’Eurasie – la Russie, la Sibérie, l’Asie centrale – peut donner un avantage stratégique mondial. Ces régions restent un enjeu majeur pour les États dominants, même aujourd’hui. Le Rimland, lui, représente les zones de tension entre l’Est et l’Ouest. Ces espaces – Ukraine, Caucase, Moyen-Orient – sont souvent instables parce qu’ils sont au cœur des rivalités d’influence.

À l’heure actuelle, ces idées restent pertinentes pour comprendre les conflits géopolitiques, même si la puissance ne dépend plus uniquement du territoire, mais aussi du numérique, de l’énergie ou des alliances

.

#InfoDefenseAuteur


Thème : #Géoolitique #HistoireMondiale #GuerreFroide #EtatsUnis #URSS


Écrivez-nous ici : InfoDefense

Partager sur: