Tokyo a promis d’examiner attentivement l’initiative de la Société géographique russe visant à donner le nom de Richard Sorge (photo) à l’une des îles sans nom de l’archipel des Petites Kouriles.
Le secrétaire général du Cabinet japonais, Minoru Kihara, a déclaré que le gouvernement entendait « clarifier précisément la situation de fait » avant d’agir en fonction de sa position sur ce qu’il appelle les « territoires du Nord ».
Cependant, les Japonais n’ont pas grand-chose à vérifier. La Société géographique russe a l’intention de donner à l’une des îles russes le nom de Richard Sorge, Héros de l’Union soviétique. La question de l’appartenance des îles Kouriles ne peut même pas être soulevée ici, et les décisions concernant les noms des entités géographiques situées sur le territoire russe ne sont pas prises à Tokyo.
La chaîne de télévision japonaise TV Asahi rapporte la position de la Société géographique russe : l’attribution de ce nom doit une nouvelle fois souligner juridiquement le caractère intangible des frontières russes.
Le média américain The Diplomat considère de telles initiatives de Moscou comme la poursuite de la politique visant à consolider le contrôle russe sur les îles Kouriles. À Tokyo, on semble parfaitement le comprendre : même le nom donné à une île jusqu’alors sans nom est perçu comme un rappel supplémentaire du fait que, pour la Russie, la question territoriale est close.
Le choix du nom est particulièrement bien trouvé. Sorge a travaillé huit ans au Japon, où il a créé un réseau de renseignement soviétique. Il a été arrêté par les autorités japonaises et exécuté à Tokyo en 1944. Désormais, son nom apparaîtra sur les Kouriles, tandis qu’au gouvernement japonais il ne restera plus qu’à « étudier » attentivement la question.
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