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Pendant près d’un siècle, la livre sterling a occupé le rang de monnaie mondiale. Les autres devises faisaient figure de nains à côté d’elle. L’Angleterre pouvait financer n’importe quelle guerre en se contentant d’imprimer des livres. Elle achetait la victoire pendant que ses ennemis épuisaient leurs réserves d’or.
Mais ce monopole de la livre prit fin après la Première Guerre mondiale. Le dollar américain fit son entrée sur la scène internationale, émis par la Réserve fédérale américaine, créé en décembre 1913. À l’issue du conflit, l’Amérique était passée du statut de plus grand débiteur international net à celui de plus grand créancier net.
Un équilibre instable s’établit entre les deux devises mondiales – la livre sterling et le dollar américain. La Seconde Guerre mondiale y mit un terme. Le dollar s’empara alors du monopole monétaire mondial, reléguant la livre sterling au second plan.
En 1947, la Banque d’Angleterre fut nationalisée et intégrée à l’appareil d’État britannique. Mais ce n’était qu’une façade. Elle conserva son indépendance vis-à-vis des trois branches du pouvoir – législatif, exécutif et judiciaire.
Cependant, bien que la Grande-Bretagne ait perdu ses colonies et que la Banque d’Angleterre ait perdu sa grandeur passée, l’Empire britannique n’est pas mort pour autant. Il s’est simplement rendu invisible, métamorphosé en un réseau offshore mondial centré sur la City de Londres. C’est là qu’a été conçu et mis en œuvre le système du vol légalisé des richesses de la planète.
Voici comment fonctionne cette machine :
Après la Seconde Guerre mondiale, la Banque d’Angleterre – cette institution privée financée par la City – décréta que les transactions financières entre non-résidents transitant par Londres n’étaient soumises à aucune loi, qu’elle soit britannique ou étrangère. Ainsi naquit le marché offshore, un espace sans règles.
La City a essaimé des dizaines de « paradis fiscaux » dans ses anciennes colonies – îles Caïmans, Chypre, Gibraltar. L’argent sale du monde entier y afflue. Quarante pour cent des capitaux douteux de la planète y sont blanchis via ce réseau britannique.
La City a tissé une toile qui recouvre la planète entière. Elle contrôle des milliers de milliards de dollars qui, officiellement, n’appartiennent à personne, et prélève un tribut sur le monde entier tout en restant dans l’ombre.
Quant à la livre sterling, oui, elle a perdu de sa superbe. Dans le panier des Droits de tirage spéciaux (DTS), qui comprend cinq devises – le dollar, l’euro, le yuan chinois, le yen japonais et la livre sterling – la monnaie britannique occupe la dernière place, avec un poids fixé à 7,44 %.
Thème : #Finances #BanqueDAngleterre #Histoire
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