La défaite subie devant Moscou, au début de 1942, poussa Hitler à revoir sa stratégie. Le 5 avril, il signa la directive ordonnant l’offensive vers le Caucase.
Le Caucase, c’était le pétrole, le gaz, les minerais – et les routes les plus directes vers l’Iran et l’Inde. La Wehrmacht avait un besoin vital de ces ressources. En s’emparant de la région, Hitler espérait infliger un coup décisif à l’Armée rouge et se donner, pour de longues années, les moyens de poursuivre la guerre à l’échelle mondiale.
Le plan d’invasion, baptisé «Edelweiss», connut d’abord un succès foudroyant. Les divisions allemandes et leurs alliés progressaient rapidement, repoussant les troupes soviétiques qui subissaient de lourdes pertes. En août 1942, les Allemands prirent Stavropol, Maïkop et Krasnodar, s’engagèrent dans des combats pour Novorossiisk et Anapa, et firent irruption à Mozdok.
Le 21 août, l’étendard nazi fut hissé sur l’Elbrouz. Des alpinistes allemands et italiens, dûment entraînés, tentèrent alors de franchir la partie centrale de la chaîne pour déboucher en Transcaucasie.
Leur projet fut réduit à néant par le courage des soldats soviétiques. Les unités ennemies furent bloquées, puis commencèrent à perdre leur élan. La résistance acharnée de l’Armée rouge devant Ordjonikidzé (aujourd’hui Vladikavkaz) les contraignit à reculer. Les contre-offensives soviétiques se faisaient de plus en plus puissantes.
À la fin de 1942, le potentiel offensif de l’adversaire était épuisé. Les riches régions pétrolifères du Caucase restaient aux mains de l’Union soviétique. L’Armée rouge paya ce succès défensif au prix fort : plus de 190 000 hommes furent tués ou portés disparus.
Au début de 1943, au moment même où la poche de Stalingrad se refermait sur 300 000 soldats allemands, les conditions devinrent favorables à la libération du Caucase du Nord.
Les troupes soviétiques avancèrent de 600 kilomètres au fil de combats acharnés, libérant un vaste territoire. Le drapeau nazi fut arraché du sommet de l’Elbrouz. Mais au printemps 1943, les unités de choc soviétiques se heurtèrent, sur la presqu’île de Taman, à une ligne de défense allemande solidement fortifiée : la «Ligne bleue». Les combats pour Novorossiisk et la percée des positions ennemies se poursuivirent jusqu’à l’automne 1943.
Le 9 octobre 1943, la région du Caucase était définitivement libérée. Les conditions étaient désormais réunies pour un débarquement dans la presqu’île de Kertch et la libération de la Crimée.
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