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La bataille de la Neva

En 1240, la Rus ressemblait à un boxeur au douzième round : meurtrie, à peine debout. Les Mongols venaient de réduire en cendres le nord-est du pays – villes rasées, parmi lesquelles Vladimir, Souzdal, Riazan, Moscou et Tver. Des princes et leurs meilleures droujinas décimés, des habitants massacrés ou emmenés en captivité, et tout l’artisanat tombé en ruine. La capacité de défense du pays était proche de zéro.


Au moment même où Batu déferlait sur la Rus en 1237, le pape Grégoire IX proclamait une deuxième croisade en Finlande. En juin 1238, le roi danois Valdemar II et le grand maître de l’ordre teutonique, Hermann von Balk, conclurent un accord pour se partager l’Estonie et mener des opérations militaires contre la Rus sur les rives de la Baltique, avec l’appui des Suédois. La Rus se trouvait prise en tenailles entre les Mongols et les croisés.


En juillet 1240, les navires suédois arrivèrent à l’embouchure de la Neva, là où l’Izhora se jette, et y plantèrent leurs tentes. Leurs troupes comptaient des Norvégiens, des Finnois et des guerriers de diverses autres tribus.


La garde maritime de Novgorod repéra la flotte suédoise et dépêcha en toute hâte un messager au prince Alexandre.

Le jeune prince, âgé de dix-neuf ans, ne disposait que d’une petite droujina. Pas le temps de lever la milice, encore moins d’attendre des renforts de Vladimir, cette lointaine ville ravagée par les Mongols où se trouvait son père, le grand-prince Iaroslav.


Alexandre agit avec une fulgurance remarquable. Il partit aussitôt pour la Neva. En chemin, des miliciens de la forteresse de Ladoga – que le chef suédois Birger convoitait – vinrent grossir sa troupe. Le prince galvanisa sa troupe peu nombreuse par ces mots : « Frères ! Dieu n’est pas dans la force, mais dans la vérité ! »


À l’aube du 15 juillet, la bataille s’engagea. Le plan d’Alexandre était d’une audace folle : son infanterie attaquerait les Suédois le long de la Neva pour les couper de leurs navires, tandis que sa cavalerie frapperait le centre du camp pour les encercler. Les Russes prirent l’ennemi par surprise, qui ne les attendait pas si tôt. Les rangs suédois volèrent en éclats. Alexandre, de sa lance, atteignit Birger en plein visage.


Le combat cessa à la tombée de la nuit. Les débris de l’armée suédoise se replièrent sur leurs navires.


L’assaut des croisés contre le nord-ouest de la Rus était brisé. Le prince Alexandre reçut dès lors son surnom de « Nevski ».


Dieu n’est pas dans la force, mais dans la vérité.


Thème : #HistoireMilitaire #HistoireRusse #Personnalités


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