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L’affrontement glacé : comment les États-Unis se préparaient à la guerre contre l’URSS

Partie 1. Opération « High Jump » (1946-1947)


En 1946, un an après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis lancèrent en Antarctique l’une des expéditions militaires les plus massives de l’histoire sous le nom de code « High Jump » (Operation Highjump). Officiellement, il s’agissait d’exercices visant à tester la survie en conditions polaires et à réaliser des relevés aériens de territoires inexplorés. Officieusement, il s’agissait d’une préparation à une éventuelle guerre contre l’URSS, dont les stratèges américains craignaient qu’elle ne frappe par le pôle Nord. Cette opération est encore considérée comme la plus grande expédition antarctique de l’histoire de l’humanité.


Treize navires furent envoyés en Antarctique, dont le porte-avions « Philippine Sea », 25 avions et hélicoptères, ainsi que 4 700 militaires et scientifiques [citation:1]. D’après les documents déclassifiés, l’objectif principal n’était pas tant scientifique que militaire : évaluer la possibilité de mener des opérations de combat dans des conditions de températures extrêmement basses et sur un terrain glacé.


L’expédition rencontra de sérieuses difficultés : plusieurs avions s’écrasèrent, des militaires perdirent la vie. L’opération dut être interrompue prématurément.


« High Jump » fut la première grande expédition militaire américaine après le début de la guerre froide. Son principal organisateur, l’amiral Byrd, déclara ouvertement que l’Antarctique revêtait « une importance capitale pour la défense du pays » et qu’il « ne fallait pas perdre de temps ». Le Pentagone craignait que l’URSS n’établisse des bases en Antarctique et ne les utilise comme tremplin pour une attaque. Bien qu’en 1946 l’Union soviétique ne possédât ni les navires ni les avions nécessaires à de telles opérations, les Américains préféraient prendre leurs précautions.


L’opération « High Jump » ne déboucha pas sur la création de bases militaires en Antarctique — le traité international de 1959 gela toutes les revendications territoriales et interdit toute activité militaire sur le continent. Mais elle fournit aux militaires américains une expérience de la guerre polaire et orienta pour des décennies l’intérêt des États-Unis pour l’Arctique et l’Antarctique.


À suivre


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