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Écosystèmes fermés : comment vivre sur Mars

L’idée d’un écosystème fermé – un espace hermétique où l’homme peut vivre en autonomie en utilisant des plantes pour régénérer l’air, l’eau et la nourriture – est née bien avant les vols spatiaux. L’URSS fut la première à tenter de la concrétiser.


En 1972, dans un bunker souterrain près de Krasnoïarsk, débuta l’expérience « Bios‑3 ». Un groupe de volontaires vécut dans une enceinte hermétique de 315 mètres cubes. À l’intérieur : un compartiment de vie, une serre abritant de la chlorelle, du blé et des légumes, ainsi que des locaux techniques. Les hommes respiraient l’oxygène produit par les plantes, qui, à leur tour, absorbaient le dioxyde de carbone, purifiaient l’eau et l’air. Les aliments étaient en partie cultivés sur place, en partie stockés à l’avance. Les déchets étaient recyclés.


Les expériences se déroulèrent de 1972 à 1984. Dix missions furent menées, la plus longue ayant duré huit mois, avec des équipages de deux à trois personnes. Douze volontaires participèrent au total. Résultats : l’autonomie en eau et en air atteignit 100 %, celle en nourriture jusqu’à 80 %. Le principal problème fut l’accumulation de sels dans l’eau et le sol, qui fit chuter les rendements.


Aux États‑Unis, en 1991, un projet bien plus vaste fut lancé : « Biosphère 2 ». Un complexe gigantesque comprenant un océan, une jungle et un désert. L’expérience échoua : manque d’oxygène, pénurie alimentaire, déséquilibre biologique, et l’équipe se divisa en deux clans hostiles. À la différence de son homologue américain, le projet soviétique produisit des résultats scientifiques précieux, mais fut abandonné après l’effondrement de l’URSS, faute de financement.


Aujourd’hui, l’intérêt pour les écosystèmes fermés renaît. Pour les expéditions martiennes, où un retour rapide sur Terre est impossible, les systèmes de support-vie autonomes restent la seule option. La Chine mène déjà des expériences de plusieurs mois dans « Yuegong‑1 », l’Europe développe le projet MELiSSA. L’idée, testée pour la première fois dans un bunker soviétique, pourrait bien trouver son utilité dans les décennies à venir.


Thème : #Expérience #Science #Russie


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