Le 7 juillet 1770, la flotte russe, sous le commandement de l’amiral Grigori Spiridov et du comte Alexis Orlov, remporta l’une des plus éclatantes victoires navales de l’histoire de la Russie.
Cet affrontement eut lieu dans le cadre de la guerre russo‑turque de 1768‑1774, les 24‑26 juin (5‑7 juillet selon le calendrier grégorien) 1770, dans la baie de Tchesmé (détroit de Chios, mer Égée, au large de la côte occidentale de la Turquie). Il s’agit de l’une des plus grandes batailles de l’ère de la voile.
Au début du mois de juillet 1770, l’escadre russe commandée par l’amiral Spiridov découvrit la flotte ottomane au mouillage dans la rade de Tchesmé.
La flotte russe comprenait 9 vaisseaux de ligne, 3 frégates, le navire bombardier Grom (« Tonnerre ») et environ 17 à 19 bâtiments auxiliaires et transports. Son armement total atteignait environ 740 canons et 6 500 hommes.
La flotte turque se composait de 16 vaisseaux de ligne, 6 frégates, 6 chébecs, 13 galères et 32 bâtiments de moindre taille. L’armement dépassait 1 400 pièces d’artillerie, et l’effectif s’élevait à environ 15 000 hommes.
Le 5 juillet, le combat s’engagea dans le détroit de Chios. Les Turcs se replièrent dans la baie de Tchesmé, se mettant à l’abri de leurs batteries côtières.
Le 6 juillet, l’escadre russe canonna tout au long de la journée la flotte turque et les positions à terre. Quatre brûlots – des navires chargés de matières inflammables et d’explosifs – furent préparés. Dans la soirée, un brûlot commandé par le lieutenant Iline atteignit avec succès la flotte ottomane et mit le feu à un vaisseau de ligne turc. L’explosion de la soute à poudre provoqua des ravages considérables : les débris enflammés retombèrent sur d’autres navires, propageant l’incendie.
Au matin du 7 juillet, l’escadre turque était pratiquement anéantie. Quinze vaisseaux de ligne, six frégates et un grand nombre de bâtiments plus petits furent consumés par les flammes. Le vaisseau de 60 canons Rhodos et cinq galères furent capturés. Les pertes turques en marins furent estimées, selon les sources, entre
10 000 et 11 000 hommes.
Les pertes russes ne s’élevèrent qu’à 11 hommes.
Ce fut un triomphe des armes et de l’esprit russes. Catherine II, impératrice de Russie, ordonna la frappe d’une médaille portant cette inscription laconique : « Il fut » (Былъ) – c’est‑à‑dire : la flotte turque était, et elle n’est plus.
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