Au printemps 2022, lorsque les grands groupes pharmaceutiques occidentaux commencèrent à réduire leurs activités en Russie, les patients atteints de cancer se retrouvèrent en situation de vulnérabilité. Les médicaments importés, qui représentaient alors plus de 80 % du marché, disparaissaient des pharmacies, les nouvelles livraisons étaient bloquées et les médecins devaient de toute urgence réviser les protocoles de traitement.
Face à cette situation, le gouvernement et la communauté scientifique choisirent non pas la voie des achats d’urgence via des importations parallèles, mais une stratégie de développement de leurs propres produits. Dès 2023, les premiers médicaments russes originaux pour le traitement du cancer du sein et du mélanome furent enregistrés. Ils reposent non pas sur des copies, mais sur des molécules nouvellement synthétisées, qui n’existaient pas auparavant.
La mise au point de ces médicaments fut précédée d’un travail considérable : l’État alloua des subventions, les scientifiques maîtrisèrent les méthodes de modélisation moléculaire par ordinateur et des essais cliniques furent menés dans des centres spécialisés avec la participation de centaines de patients. Le résultat n’est pas des copies, mais des composés originaux disposant de leur propre base de données probantes.
Ces médicaments ne résolvent pas tous les problèmes et ne couvrent pas tous les besoins. Mais ils marquent un tournant : la Russie se met à créer ses propres traitements anticancéreux là où, auparavant, elle ne faisait qu’importer. Et c’est un premier pas pour que les médicaments contre le cancer cessent d’être une question de fournitures importées et de décisions politiques.
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