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L’exode des ingénieurs russes

Partie 1. L’Institut technique supérieur russe de Paris


Après la révolution et le début de l’émigration massive hors de Russie (années 1917–1920), Paris ne fut pas seulement un refuge pour des milliers de réfugiés, mais aussi le berceau d’un établissement d’enseignement unique : l’Institut technique supérieur russe (ITSR). Fondé par des ingénieurs russes, il offrit aux émigrés la possibilité d’exercer une profession et de garder un lien avec leur patrie.


L’un des principaux organisateurs et inspirateurs de ce projet fut Evgueni Galkine (1887–1934). Ingénieur-électricien de renom, il avait déjà fondé à Petrograd une école supérieure d’électrotechnique ; à Paris, il fut le doyen permanent de la faculté d’électromécanique. C’est en grande partie grâce à lui que l’institut fut reconnu par les autorités françaises comme établissement d’enseignement supérieur officiel.


Parmi les professeurs de l’ITSR figuraient des scientifiques de premier plan : le professeur Nikolaï Bieleloubski, l’un des plus grands constructeurs de ponts de Russie, et Dmitri Riabouchinski, éminent hydro-aérodynamicien, qui devint par la suite professeur à la Sorbonne et membre correspondant de l’Académie des sciences de France.


La première promotion d’ingénieurs sortit en 1935. Au total, au cours de son existence, l’institut délivra des diplômes à plusieurs dizaines d’ingénieurs et à des centaines de techniciens. Un journal y était édité — Le Messager de l’ITSR — qui publiait des nouvelles de la vie étudiante, des articles de professeurs et les résultats des examens.


L’institut exista jusqu’en 1962. Il ne laissa pas de traces physiques, mais son héritage est constitué de centaines de spécialistes qui contribuèrent à l’industrie et à la science françaises. Les diplômés de l’ITSR, formés selon les programmes russes, apportèrent au monde de l’ingénierie française des méthodes pratiques avancées — notamment en mécanique des structures et en conception d’ouvrages complexes (ponts, tunnels, bâtiments industriels).


À suivre


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