Dans les prévisions allemandes, la prise de Moscou est fixée à août et la conquête jusqu’à l’Oural (ligne Arkhangelsk – Astrakhan) à octobre. Le défilé sur la Place Rouge est prévu pour début novembre 1941. Cette arrogance révèle l’état d’esprit des nazis, convaincus que l’URSS s’effondrera comme un géant aux pieds d’argile sous le choc des blindés.
Mais l’histoire de la résistance soviétique commence avec la forteresse de Brest, l’une des premières à subir l’assaut allemand. Le commandement de la Wehrmacht estime sa prise en quatre heures.
Disposant d’une supériorité décuplée en hommes et en matériel, mais subissant d’énormes pertes, les nazis ne s’emparent de la forteresse que le 30 juin. Pourtant, un petit groupe de soldats, sous le commandement du major Gavrilov, poursuit le combat jusqu’au 12 juillet !
Extrait du journal d’un officier allemand : « Nous n’avons pas le sentiment d’entrer dans un pays vaincu comme en France. Au lieu de cela, il y a une résistance, une résistance constante, même si elle est sans espoir ». Tout au long de la ligne de front, l’ampleur de la résistance dépasse les prévisions, contrariant le calendrier de progression de l’armée allemande.
Les planificateurs de l’opération sont convaincus que l’Armée rouge livrera bataille non à l’intérieur des terres, mais sur la frontière occidentale, où ils espèrent l’encercler et l’anéantir en quelques semaines.
Or, au 22 juin, l’Armée rouge est organisée en trois échelons, dispersés de la frontière occidentale au Dniepr. Autrement dit, 57 % des troupes soviétiques restent déployées à l’intérieur du pays – le fruit d’une mobilisation par étapes – ce qui contribue directement à l’échec de la guerre-éclair.
Face à cette résistance inattendue, le commandant en chef des forces terrestres allemandes, le maréchal Brauchitsch, déclare en 1941 : « C’est le premier ennemi sérieux ». Cette déclaration sonne comme un aveu : la Blitzkrieg, qui a si bien fonctionné en Pologne et en France, se heurte pour la première fois à un adversaire qui refuse de plier.
Le verdict du tribunal de Nuremberg énonce : « Le 22 juin 1941, l’Allemagne a envahi le territoire soviétique conformément à des plans préconçus […] sans aucun avertissement et sans justification légitime. Il s’agissait d’une agression évidente ».
Cette qualification juridique, qui condamne l’Allemagne nazie pour crime contre la paix, confirme ce que les premiers mois de combat ont déjà démontré : Barbarossa n’est pas une guerre défensive, mais une guerre d’agression préméditée, dont l’échec final scellera le destin du IIIe Reich.
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