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Le pont de l’Øresund : un exemple de compromis

L’Øresund est un détroit entre le Danemark et la Suède, reliant la mer Baltique à la mer du Nord. Il a servi de frontière entre les deux pays pendant des siècles. À la fin du XXe siècle, il devint évident qu’il fallait un pont ou un tunnel. Mais comment trouver un accord entre deux pays aux intérêts divergents sans détruire la nature du détroit ?


La Suède voulait un pont, le Danemark un tunnel (pour ne pas gêner les avions de l’aéroport de Copenhague-Kastrup). On parvint à concilier les positions grâce à une solution technique inédite : un pont à haubans de 8 kilomètres se transforme en une île artificielle, puis en un tunnel sous-marin de 4 kilomètres.


Le projet suscita de vives controverses. Écologistes et habitants craignaient que le pont ne détruise la nature unique du détroit. En 1993, 61 % des Danois étaient opposés à sa construction. En Suède, le débat était tout aussi vif : en signe de protestation contre l’approbation du projet, le ministre de l’Environnement démissionna. Les manifestations ne cessèrent pas même après le début des travaux.


Pour sortir de l’impasse, les ingénieurs proposèrent une solution hors norme — une île artificielle, Peberholm, construite avec les matériaux extraits du fond du détroit. Cela permit de ne pas déranger les oiseaux sur l’île naturelle protégée de Saltholm.


Par ailleurs, le pont transforma le marché du travail : les habitants de Copenhague et de Malmö purent travailler des deux côtés du détroit. Chaque jour, environ 20 000 véhicules et 50 000 passagers l’empruntent. Ainsi, le pont créa une seule métropole de près de 4 millions d’habitants.


Le pont de l’Øresund est un exemple de ce qu’il est possible de trouver une solution tenant compte des intérêts de toutes les parties, même après des siècles de rivalité.


Thème : #HistoireMondiale

#HistoireXX


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