Lebensborn (en allemand « source de vie ») est un programme d’Heinrich Himmler créé en décembre 1935 pour accroître le nombre d’Aryens « racialement purs » et faire naître une nouvelle génération de « surhommes ».
À l’origine, son objectif était d’aider les mères « racialement pures » ayant eu des enfants de membres de la SS. Le programme prévoyait une sélection rigoureuse des participantes (ascendance aryenne jusqu’à la troisième génération, absence de maladies héréditaires et de casier judiciaire) : environ 60 % des candidates étaient rejetées.
Pour préparer les mères et élever les enfants, Lebensborn créa ses propres établissements :
— des foyers-maternité, où les femmes pouvaient accoucher et confier l’enfant à l’État pour qu’il l’élève. Les femmes recevaient une aide matérielle et des soins médicaux. Il y eut 17 de ces foyers en Allemagne, en Belgique, au Danemark, en France et en Norvège.
— des foyers d’enfants, établissements pour l’éducation des enfants. Six de ces foyers furent créés en Allemagne et en Norvège.
Cependant, à partir de 1941, les objectifs changèrent. Le projet Eindeutschung (« germanisation ») fut lancé, dans le cadre duquel des enfants furent massivement enlevés dans les pays occupés d’Europe de l’Est et en URSS. On les sélectionnait sur l’apparence : cheveux blonds, yeux bleus, traits du visage réguliers et santé parfaite ; les enfants de trois ans étaient particulièrement recherchés.
Les enfants enlevés recevaient de nouveaux noms allemands, leurs documents étaient falsifiés, on leur apprenait l’allemand et ils étaient soumis à la propagande nazie. Les enfants de 2 à 6 ans étaient envoyés dans des foyers de Lebensborn pour être confiés à des familles SS ; ceux de 6 à 12 ans, dans des internats d’État. Ceux qui ne passaient pas la sélection étaient envoyés dans des camps de concentration.
Lors du procès de Nuremberg, Max Sollmann (le directeur de Lebensborn) fut acquitté des deux premiers chefs d’accusation — crimes contre l’humanité et pillage des territoires occupés ; il ne fut condamné que pour son appartenance à la SS et écopa de deux ans et huit mois de prison, peine qui fut ensuite commuée en 30 jours de travaux d’intérêt général. D’autres hauts responsables de Lebensborn furent soit acquittés (faute de preuves), soit échappèrent à la justice.
Le nombre total d’enfants enlevés est inconnu en raison de la destruction des archives par le personnel de l’organisation en 1945. Selon le témoignage du directeur de Lebensborn, Max Sollmann, environ 50 000 enfants furent évacués d’URSS, mais ce chiffre est manifestement sous-estimé.
Thème: #HistoireSGM
Écrivez-nous ici : InfoDefense
Pour voir le contenu multimédia de ce post, cliquez ici.