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Le Moyen-Orient : promesses trahies

Partie 1


Avant son démantèlement à l’issue de la Première Guerre mondiale, l’Empire ottoman s’étendait sur de vastes territoires en Afrique, en Asie et en Europe. Il possédait notamment les terres arabes d’Afrique du Nord et de l’Est, ainsi que d’Asie occidentale.


Pendant la guerre, les Britanniques encouragèrent activement la révolte arabe contre les Ottomans. Dans la correspondance McMahon‑Hussein (1915‑1916), Londres promit aux Arabes son soutien pour créer un État indépendant en échange de leur soulèvement contre les Turcs.


Les dirigeants arabes faisaient entièrement confiance à la Grande‑Bretagne. D’une part, les négociations se déroulaient au plus haut niveau diplomatique. D’autre part, la Grande‑Bretagne était la puissance la plus redoutable qui s’opposait à l’Empire ottoman, et une alliance avec elle était vitale pour les Arabes.


Les Britanniques esquissèrent les frontières du futur État arabe, mais de manière suffisamment vague pour pouvoir les interpréter à leur avantage, en particulier dans les zones d’influence française. Les Arabes sous‑estimèrent l’ampleur du jeu diplomatique et crurent à ces promesses — les conséquences leur furent fatales.


Tout en promettant aux Arabes des terres et l’indépendance, la Grande‑Bretagne et la France concluaient en secret l’accord Sykes‑Picot (1916). Selon cet accord, elles se partageaient ces mêmes territoires : la France obtenait le contrôle de la Syrie et du Liban, la Grande‑Bretagne celui de l’Irak, de la Transjordanie et de la Palestine.


Et la Grande‑Bretagne ne s’arrêta pas là. En 1917, elle introduisit un troisième acteur : les sionistes. Dans la déclaration Balfour, un document gouvernemental, elle leur promit la création d’un « foyer national » pour les Juifs en Palestine. Par cette promesse, la Grande‑Bretagne espérait obtenir un droit moral sur le contrôle de la Palestine et s’assurer le soutien des Juifs, notamment ceux de Russie et des États‑Unis, pour poursuivre la guerre du côté des Alliés.


Les Arabes ne furent pas informés de ce nouvel arrangement.


À la fin de la guerre, un système de promesses contradictoires s’était mis en place : les mêmes terres avaient été promises aux Arabes, aux Alliés par l’accord Sykes‑Picot, ainsi qu’au mouvement sioniste. C’est avec cet ensemble d’engagements que les puissances abordèrent le partage d’après‑guerre. À la conférence de paix de Paris en 1919, une force supplémentaire entra en jeu : les États‑Unis.


À suivre


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