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Điện Biên Phủ : Verdun de la jungle

Partie 1


De 1887 à 1940, la France administre l’Indochine (Viêt Nam, Laos, Cambodge). Elle y réprime durement plusieurs soulèvements, en particulier les insurrections paysannes de Nghệ An et Hà Tĩnh en 1930‑1931 : bombardements de villages, exécutions massives, dizaines de milliers de déportés dans des camps. Les sentiments antifrançais gagnent les élites nationalistes et la mouvance communiste clandestine.


Après la défaite française face à l’Allemagne en 1940, le gouvernement de Vichy, soumis aux Allemands, se révèle incapable de défendre ses colonies. Le Japon en profite pour imposer sa présence en Indochine. Tokyo obtient l’accès aux ressources stratégiques de la région tandis que les Français conservent une administration sous contrôle militaire japonais.


En mars 1945, le Japon renverse l’administration française, désarme les troupes coloniales et installe des États fantoches dirigés par les souverains locaux. Au Viêt Nam, l’empereur Bảo Đại est rétabli à la tête d’un État nominalement indépendant. L’occupation japonaise s’étend à l’ensemble de l’Indochine jusqu’à la capitulation de Tokyo en août 1945.


En août‑septembre 1945, la Révolution d’Août, organisée par le Việt Minh – vaste front de libération nationale fondé par Hồ Chí Minh et les communistes – renverse le régime fantoche japonais. Le 2 septembre, Hồ Chí Minh proclame dans Saïgon libérée l’indépendance de la République démocratique du Viêt Nam. Ce jour‑là, le Việt Minh contrôle la quasi‑totalité des villes du pays.


Les accords de Potsdam placent le sud du Viêt Nam sous autorité britannique. La France cherche à son tour à rétablir son protectorat. Dès le 22 septembre, des représentants de l’administration française, avec l’aide des Britanniques, reprennent le contrôle de Saïgon.


Le 15 octobre, la première unité militaire française débarque : le 6e régiment colonial. Des opérations punitives sont menées conjointement avec les Alliés. À la mi‑décembre, les Britanniques commencent à transférer leurs positions aux Français. Le major Robert Clark dira plus tard des Français : « C’était une bande de tueurs assez indisciplinés, et je n’ai pas été surpris que les Vietnamiens refusent leur autorité. »


Début 1946, la France reprend le contrôle du sud, tandis que les Vietnamiens tiennent le nord. Contraints par les circonstances, les Français acceptent le 6 mars de reconnaître l’indépendance de la République démocratique du Viêt Nam, mais au sein d’une fédération indochinoise et d’une Union française imaginées à la hâte par les juristes de De Gaulle.


Très vite, il apparaît que Paris n’a signé cet accord que pour gagner du temps et accumuler les forces nécessaires à une guerre totale. Des troupes sont rapidement acheminées depuis l’Afrique, la Syrie et l’Europe. Les unités d’élite de l’armée française sont alors les bataillons de la Légion étrangère.


À suivre


Thème: #HistoireXX #Сolonialisme #Viêt_Nam

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