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Miniatures oculaires : les secrets d’un gage d’amour discret

Au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, une mode singulière a émergé en Europe : celle du portrait miniature ne représentant qu’un seul œil de l’être aimé. Il s’agissait d’une infime image de l’œil du donateur, réalisée pour la personne la plus chère à son cœur.


L’idée derrière cette mode éphémère, qui a connu son apogée entre 1790 et 1820 environ, était que seul le destinataire du cadeau puisse reconnaître cet œil. Ainsi, la miniature pouvait être portée au vu de tous, préservant dans le plus grand secret le nom de l’amoureux.


Exécutées à l’aquarelle sur une plaquette d’ivoire ou à la gouache sur carton, ces miniatures étaient serties dans des bagues, des pendentifs, des broches et des médaillons pour les femmes, ainsi que dans des tabatières et des étuis à cure-dents pour les hommes. Le portrait était généralement entouré d’un pourtour décoratif en or poli ou ciselé, orné de pierres précieuses ou de perles.


Au revers, on trouvait souvent une infime mèche de cheveux de l’être aimé, dissimulée sous un verre et parfois agrémentée d’un chiffre ou d’un motif réalisé avec la même mèche.

La taille de ces portraits était extrêmement réduite, allant de quelques millimètres à deux centimètres. L’absence de tout autre trait distinctif conférait à cette représentation de l’œil un degré élevé d’anonymat.


Thème : #CultureMondiale

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