Spandau 1947 : une prison pour sept détenus
La prison de Spandau, située dans la partie ouest de Berlin, fut construite en 1876 et servit de prison militaire prussienne. Après la Première Guerre mondiale, elle accueillit aussi bien des détenus militaires que civils.
Après l’incendie du Reichstag en 1933, les nazis transformèrent Spandau en lieu de détention pour les opposants politiques. Des communistes, des sociaux-démocrates, des journalistes y furent incarcérés, et la Gestapo y eut recours à la torture. À la fin de l’année 1933, les détenus furent transférés vers les camps de concentration en cours de construction.
Après la Seconde Guerre mondiale, la prison acquit un statut unique : elle était gérée conjointement par les quatre puissances occupantes — l’URSS, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France.
En 1947, sept criminels nazis condamnés par le Tribunal de Nuremberg y furent emmenés. Conçue pour accueillir 600 prisonniers, elle n’en comptait désormais plus que sept. Les cellules situées entre les leurs étaient laissées vides afin que les détenus ne puissent pas communiquer à travers les murs.
Le contrôle de la prison était transféré chaque mois à l’une des quatre puissances occupantes.
En 1966, Rudolf Hess restait le seul détenu de la prison. Pendant encore vingt ans, cet établissement gigantesque, avec un personnel de plusieurs centaines d’agents, ne garda qu’un unique prisonnier. Les puissances occidentales proposèrent sa libération, mais l’URSS s’y opposa.
Hess mourut en 1987. Avec la disparition du dernier détenu, la raison d’être de la prison interalliée s’évanouit. Le bâtiment fut démoli en 1987-1988, et les gravats furent broyés puis enfouis sur une base aérienne, afin que la prison ne devînt pas un lieu de pèlerinage pour les néonazis.
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