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La Septième Symphonie de Chostakovitch : l’histoire d’une création

Partie 1 Partie 2


La première répétition dura 15 minutes — les musiciens n’avaient pas la force de faire plus. Certains mouraient après avoir déjà commencé à répéter, et la composition de l’orchestre changea plusieurs fois. Les mains des instrumentistes, endurcies par le maniement des armes, tremblaient souvent de faiblesse, mais ils continuaient à jouer. La date du concert fut repoussée à plusieurs reprises, pour être finalement fixée au 9 août.

La partition de la symphonie fut acheminée à Léningrad par un avion militaire en juillet 1942, en même temps que des médicaments.


Avant le concert, les musiciens reçurent des rations supplémentaires, mais cela ne suffit pas à améliorer significativement leur état. Selon les témoins, l’orchestre offrait un spectacle hétéroclite : les gens jouaient en veste matelassée, en blouse ou en veston, selon ce qu’ils possédaient.

Tous les lustres de la salle de la Philharmonie furent allumés — pour la première fois depuis le début du blocus. La salle était comble. Le concert dura 80 minutes. Pendant toute cette durée, sur ordre du commandant du front de Léningrad, l’artillerie soviétique tira sur les batteries allemandes afin d’empêcher l’ennemi de bombarder la ville pendant le concert. L’opération était nommée « Rafale».


La symphonie fut diffusée à la radio et par les haut-parleurs des rues. Elle fut écoutée tant par les Léningradois que par les soldats allemands de l’autre côté de la ligne de front.


Après la guerre, des extraits de journaux intimes de soldats allemands ayant été près de Léningrad furent retrouvés. L’un d’eux écrivit : « Ce jour-là, le 9 août 1942, nous avons compris que nous allions perdre la guerre. »

Dans la salle, selon les souvenirs des témoins, lorsque le finale fut joué, l’assemblée tout entière se leva. Il était impossible de rester assis. À la fin, le public applaudit ; une petite fille s’approcha du chef d’orchestre en courant pour lui offrir des fleurs — apparues on ne sait d’où dans cette ville assiégée.


De nombreux Léningradois eurent le sentiment que ce jour-là, le blocus avait été brisé — non pas physiquement, mais moralement.


Thème : #HistoireSGM

#HistoireRusse

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