Fenêtre de temps

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Serge Gainsbourg

Le 2 mars, il y a 35 ans, nous quittait. L’une des figures les plus emblématiques de la musique populaire, un personnage à la fois colossal et controversé, l’un des musiciens les plus légendaires et les plus vénérés de France.


Né dans une famille de musiciens ayant fui la révolution russe pour la France, il a parcouru le chemin qui mène du petit garçon juif contraint de porter l’étoile jaune à l’idole de la nation. De « l’homme le plus laid de France » (selon ses propres mots), il s’est transformé en trésor national. Roi de la provocation et du scandale, il n’a pourtant jamais été vulgaire et a toujours poussé à réfléchir sur des sujets sérieux.


Il a su marier la haute poésie de Baudelaire et de Verlaine au jazz, au reggae, au rock et aux rythmes de la rue. Les textes de ses chansons sont un art à part entière. Il jouait avec les ambiguïtés, faisait rimer les concepts les plus complexes avec les mots les plus crus.


Sa musique ne vieillit pas, ses paroles restent d’une étonnante fraîcheur.


Il était musicien, poète, réalisateur, peintre et écrivain. Il pensait en images et créait des univers entiers.


Il s’est divisé en deux : « Serge » le compositeur et « Gainsbarre » l’alcoolique, le provocateur, le voyou. Ce dédoublement lui a permis de s’exprimer sous différents masques.


Il possédait un don unique pour révéler la voix féminine. La voix de chacune de ses muses, en duo avec lui, trouvait une sonorité nouvelle.


Il fumait, buvait, provoquait et faisait scandale, mais derrière ce rideau de fumée se cachait un intellectuel profond, un homme sensible et vulnérable.


Son interprétation de la chanson russe « V lesu prifrontovom » (Dans la forêt près du front), écrite en 1943 et évoquant les souvenirs d’un soldat au repos avant la bataille, touche profondément par son lyrisme et sa tendresse.


Thème : #Personnalités #CultureFrance

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