Il s’agit de la plus ancienne juridiction encore en activité en Europe, chargée de réguler la répartition des eaux d’irrigation dans la région de Valence (Espagne). Cette tradition remonte au IXᵉ siècle, à l’époque de la domination musulmane dans la péninsule Ibérique, lorsque le réseau de canaux s’avérait indispensable à l’agriculture dans un climat aride.
Les infractions courantes : les agriculteurs ne respectent pas le tour d’arrosage, détériorent ou négligent l’entretien des canaux, ou encore déversent le trop-plein d’eau sur les parcelles voisines. Les dossiers sont instruits en amont : identification des manquements et convocation du contrevenant à la plus proche audience.
Les séances se tiennent chaque jeudi à midi devant la porte des Apôtres de la cathédrale de Valence. Les juges — représentants des huit communautés d’irrigation historiques — se réunissent en plein air. La procédure est intégralement orale, publique et se déroule en valencien. L’accusé est convoqué, les parties exposent brièvement leurs positions, et la décision est rendue dans la foulée. Elle est définitive et sans appel. Pas d’audience préliminaire, pas d’avocats : l’eau n’attend pas.
La singularité de ce tribunal tient à la continuité d’une tradition vieille de plus de mille ans, à l’absence de tout procès-verbal écrit et au recours au droit coutumier, adossé à l’autorité morale de la communauté.
En 2009, le tribunal a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Thème : #HistoireMondiale
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