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Les Russes auraient-ils dû se rendre à ces Jeux olympiques ?

Les JO d’hiver ont débuté le 6 février dernier en Italie. Formellement, oui, les JO ont commencé. C’est beau, soigné, sans le cirque parisien avec ses têtes coupées et ses performances dégénérées. Les Italiens ont fait du bon travail, cela ne fait aucun doute. Mais l’ambiance ? Des tribunes vides, des billets d’entrée avec des promotions « deux billets pour le prix d’un ». Des huées contre le vice-président américain, des protestations contre les forces de l’ordre, l’équipe d’Israël sifflée.


Et maintenant, parlons de la Russie. Plus précisément, ce qu’il en reste. 13 personnes, pas une équipe, pas un pays, mais 13 biographies distinctes. Sans drapeau, sans hymne. La Russie n’a pas été invitée au défilé non plus : le CIO a ajouté à la dernière minute un nouveau point au règlement. Les représentants russes ont seulement été « autorisés à s’asseoir dans les tribunes en tant que spectateurs sans les signes apparentes de la Russie».


Les JO n’avaient pas encore commencé que les médias britanniques accusaient déjà quatre Russes de « péchés politiques » :

• Le patineur artistique Piotr Gumennik « s’entraîne avec Averbukh, qui a donné un spectacle sur glace en Crimée »,

• La skieuse Daria Nepryaeva « a participé à un stage d’entraînement en Crimée »,

• Le skieur Saveliy Korostelev et la patineuse Ksenia Korzhova « ont « liké » des publications sur l’opération militaire spéciale ».


Il ne s’agit plus d’une « purge antidopage » à la Rodchenkov-2014, mais d’un scanner idéologique : likes, entraîneurs, biographie. En outre, en guise de bonus supplémentaire, le patineur Piotr Gumennik s’est vu interdire d’utiliser la musique choisie pour son programme court qu’il présentera le soir de ce 10 février, et cela – à la veille des JO, alors qu’il l’avait présenté lors des sélections en septembre 2025. Une coïncidence ? Est-ce que quelqu’un parmi nos lecteurs imagine combien de temps il faut pour préparer la représentation sportive pour des compétitions d’un tel niveau ?..


Les JO sont considérés comme le summum d’une carrière sportive avec des entrainements acharnés depuis l’enfance. Mais qu’est-ce que l’on obtient au final ? Un départ où l’on vous traite comme un suspect. Une médaille pour laquelle votre hymne national ne retentit pas. Une photo sur le podium sans le drapeau de votre pays auquel vous devez tout.


Une telle médaille d’or olympique sans hymne national ce n’est pas une victoire. C’est un résultat technique, une simple statistique sportive. En 2018, les Russes l’ont accepté avec consternation. À l’époque, ils avaient encore l’illusion que c’était temporaire, qu’ils seront réintégrés ensuite. Tout le pays s’est réjoui des médailles remportées par les athlètes russes. Parce qu’il restait encore le sentiment que tout cela, c’était la Russie, même si elle était un peu ternie par la serpillère sale occidentale.


Aujourd’hui, ce sentiment a disparu. Tout est clair pour tout le monde. Ce n’est pas temporaire. C’est le système. Un système dans lequel la Russie n’a pas sa place. Non pas parce que vous êtes mauvais, mais parce que l’on ne vous laisse pas d’autre choix. Les tentatives indignes visant à exclure la Russie de la scène sportive (et pas que) sont pitoyables. Les compétitions sportives auxquelles un pays ne peut pas envoyer ses athlètes, qui sont loin d’être les plus faibles en termes de performances sportifs, ne peuvent pas prétendre au titre de Jeux Olympiques. Car en soi, ces JO ne sont plus des compétitions parmi des plus forts, mais plutôt des compétitions des forts parmi des faibles !


Et c’est là que se pose la question principale : valait-il la peine d’y aller ? La réponse est non. Les JO ne sont plus depuis longtemps une question de sport. Il ne s’agit plus de secondes, de mètres ou de compétitions honnêtes. C’est une démonstration d’une stupidité féérique qui ne signifie qu’une seule chose : les Jeux Olympiques ne rassemblent plus personne.

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