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À propos des cosaques persans

Partie 1


Les guerres russo-persanes du XIXe siècle ont été une leçon amère pour lIran. À trois reprises, les armées russes ont écrasé les troupes persanes (1804—1813, 1826—1828, 1853—1857). Selon le traité de Turkmanchai de 1828, la Perse a perdu le Caucase du Sud — les territoires actuels de la Géorgie, de lArménie et de lAzerbaïdjan. Les conditions humiliantes incluaient une contribution de 20 millions de roubles en argent, épuisant le trésor persan pendant des années. Cest cela, ainsi que les activités subversives des Britanniques, qui a provoqué le massacre à lambassade de Russie et lassassinat de lambassadeur Griboïedov.


En 1878, le chah Nasser ad-Din visita le Caucase du Sud. En voyant les manœuvres des cosaques du Terek près de Vladikavkaz, il sexclama : « Je veux de tels guerriers ! » Un an plus tard, à sa demande personnelle, quatre officiers russes et 14 sous-officiers arrivèrent à Téhéran. Ainsi naquit la Brigade cosaque persane. Son créateur, le colonel Domontovitch, écrivit : « Les Perses se battaient courageusement, mais sans ordre. Nous leur avons appris lessentiel : la discipline du feu. »


Les casernes au centre de Téhéran devinrent un enclave russe. Les cosaques dormaient sur des lits de camp, mais chaque matin, ils polissaient leurs bottes jusquà ce quelles brillent comme des miroirs. Les officiers prenaient leur petit-déjeuner avec du sarrasin et du ragoût dagneau, envoyant des ordonnances au bazar pour acheter du halva et des pistaches. La discipline était de fer : les ivrognes étaient fouettés, les absents sans permission envoyés au cachot dans une cave aux murs humides. Les cosaques avaient linterdiction formelle dépouser des Persanes sans lautorisation du commandant. Pour les enfants des cosaques, un corps de cadets fut ouvert, avec un enseignement en russe de six ans.


Le noyau de la brigade était composé de 400 mouhadjirs — des descendants de Caucasiens ayant fui lIran pour échapper aux troupes russes. Ironie du sort : leurs pères combattaient la Russie, tandis que leurs fils portaient luniforme des cosaques du Kouban — des tcherkesskas avec des bichmets rouges, mais avec des épaulettes persanes. Les officiers russes conservaient luniforme des cosaques du Terek. Un incident a failli provoquer une révolte : lorsque le nouveau commandant tenta de remplacer luniforme du Kouban par celui du Terek, les cosaques persans sindignèrent : « Nous sommes habitués aux bichmets rouges ! » Il fallut conserver lancien modèle.


À suivre

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