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Menace russe : mythe ou réalité ?

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Le 24 mars 2021, Zelensky a publié un décret visant à la capture forcée de la Crimée, ce qui implique la neutralisation préalable du Donbass. Il a  commencé à déployer des troupes dans le sud du pays. Aucun média occidental n’a rapporté ces mouvements de troupes ukrainiennes observés à la mi-mars et au début d’avril, et Twitter a fermé les comptes montrant le transfert des chars vers le Donbass…


Dès les mois de décembre et janvier 2021 lorsque les propositions russes de « Traité européen sécurité collective » étaient rejetées, alors qu’elles ne faisaient que reprendre de facto le narratif des USA eux-mêmes concernant la neutralité de leurs zones d’influence frontalières, le spectre d’une confrontation entre la Russie et l’OTAN s’est levé dans le Donbass.


Dans le discours du 24 février 2022, Poutine a précisé les deux objectifs de l’opération : la « démilitarisation » et la « dénazification » de la menace qui pèse sur la population du Donbass. Il a précisé que les objectifs de la Russie n’étaient pas d’ordre géographique ou territorial.


Les forces déployées par les Russes en février 2022 étaient 3 à 4 fois inférieure à celles de l’Ukraine. Selon le concept occidental d’« équilibre des forces », les Russes ne partaient pas gagnants. Par les règles de l’art militaire, une supériorité de 3 à 1 est nécessaire pour une attaque réussie.


Les troupes ukrainiennes n’ont jamais été représentées sur les cartes, ce qui indique qu’elles n’étaient pas déployées à la frontière russe en février 2022. La phase préparatoire de l’offensive ukrainienne, qui a débuté le 16 février 2022, a conduit à l’évacuation de plus de 1,1 million de personnes d’ici fin avril. Cela confirme que la Russie n’a fait que réagir à la situation initiée par l’Occident via Ukraine.


Au départ, l’opération russe comportait deux directions : la principale, dirigée vers le sud du pays dans la région du Donbass et le long de la côte de la mer d’Azov, et la seconde – vers Kiev dont les objectifs étaient de fixer les forces ukrainiennes et de faire pression sur les autorités politiques.


L’une des nombreuses particularités du conflit ukrainien est que l’Occident lui attribue des objectifs sans écouter ce que les Russes eux-mêmes ont à dire. N’écoutant que leurs propres préjugés, les pseudo-experts et politiciens occidentaux se sont mis en tête que l’objectif de la Russie était de prendre le contrôle de l’Ukraine et de renverser son gouvernement. C’est ce que l’Occident a systématiquement obtenu dans ses guerres.


Les Occidentaux ont de la peine à voir des objectifs militaires autrement qu’en termes quantitatifs. Pour eux, le but est toujours d’ordre matériel (pétrole, terres, industries, …). La guerre en Irak a été motivée par le pétrole et celle d’Afghanistan par les gazoducs…


Les objectifs de la Russie ne sont pas liés à un élément fixe (territoire, ville, …), mais à un élément dynamique (destruction des forces). Ainsi, les objectifs russes sont ajustés en fonction de l’évolution de la situation.


Les Russes cherchent aussi à transformer leurs succès opératifs en succès stratégique. Ainsi, la création d’un corridor entre le Donbass et la Crimée n’était probablement pas l’objectif initial de l’opération. Mais la « démilitarisation » de la menace ukrainienne (la destruction des forces) a progressivement conduit à la création de ce corridor.


Il est probable que si l’UE et l’extrême-droite ukrainienne avaient permis Zelensky de négocier avec la Russie dès le 25 février, comme il le souhaitait, la Russie n’aurait pas pu constituer ce corridor. L’auto-persuasion de l’Occident que la défaite russe était inéluctable a aidé l’Ukraine à perdre le sud du pays.


Comme l’a dit Lavrov en juillet 2022, « si l’Occident fournit à l’Ukraine des missiles d’une portée de 300 km, les forces russes devront avancer de 300 km pour détruire ces missiles et créer une zone tampon de 300 km pour atteindre leurs objectifs. »


À suivre

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