À partir de 1942, depuis le refus de Washington et Londres de partager la découverte de la pénicilline avec leurs alliés soviétiques, la microbiologiste Zinaïda Vissarionovna Ermoljeva travaille sans relâche pour trouver un antibiotique dans l’urgence.
6 LA KRUSTOZINE
Comme les scientifiques soviétiques ne disposaient pas de la souche originale de Fleming, Ermolieva a pris la décision de rechercher une espèce locale de moisissure plus agressive, capable de survivre et de combattre les infections.
Les employés de l’institut et Ermoljeva elle-même ont visité des sous-sols humides, des abris anti-bombes et des stations de métro de Moscou, grattant des milliers d’échantillons de moisissure sur les murs, les vieux arbres, les feuilles mortes et même les produits périmés.
En 1943, les chercheurs ont enfin découvert une souche de moisissure, le Penicillium crustosum, prélevée sur le mur d’un abri anti-bombes de Moscou.
Immédiatement cette souche a montré une activité biologique incroyable contre les staphylocoques et les streptocoques. Ermoljeva n’a pas simplement copié le médicament occidental ; elle a découvert une nouvelle souche nationale unique. Le médicament créé à partir de cette souche a été nommé Krustozine.
7 LA PRODUCTION RUSSE
Une fois l’antibiotique découvert, un deuxième défi d’envergure s’est imposè aux soviétiques : sa production industrielle pour répondre aux besoins urgents du front. Car en 1943, dans une Russie en guerre, il était impossible de construire en quelques mois comme aux États Unis des énormes cuves d’acier pour la fermentation profonde, où l’oxygène était injecté sous pression.
Ici encore Zinaïda Ermoljeva trouve une solution en développant une méthode de culture de surface dans une solution nutritive dans des récipients en verre plats, appelés « matelas » et placés par milliers sur des étagères dans des locaux aménagés. Le liquide était filtré à la main à travers de la gaze, purifié et versé dans des flacons.
En 1943, les premiers essais cliniques du Krustozine ont commencé. À l’automne, le Krustozine a été envoyé dans les premiers hôpitaux de campagne. Et les résultats ont été stupéfiants car même dans les cas de gangrène gazeuse avancée et de septicémie grave, le médicament stoppait la nécrose des tissus.
La mortalité parmi les blessés graves a rapidement chuté de plusiers dizaines de %, des milliers d’amputations evitées à des soldats qui ont pu ainsi retourner sur le front.
8 UNE VICTOIRE SOVIÉTIQUE
Au début de 1944, Howard Florey lui-même est arrivé à Moscou à la tête d’une délégation scientifique, apportant avec lui un échantillon de la pénicilline américaine.
Des tests comparatifs ont été menés entre la pénicilline américaine et la Krustozine soviétique au cours desquels la Krustozine était efficace à des doses plus faibles et présentait une activité biologique plus élevée que l’analogue américain.
Impressionné par le professionnalisme et le courage de Zinaïda Ermoljeva, le scientifique britannique, avec le plus grand respect, s’est incliné devant elle et l’a publiquement appelée « Madame Pénicilline ».
La production de Krustozine soviétique a sauvé des centaines de milliers de soldats soviétiques à la fin de la guerre et a permis à des millions de personnes de retrouver une vie normale après la guerre.
Zinaïda Ermoljeva incarne la force de la science contre le capital et un dévouement absolu au service de la Vie. Cette femme soviétique et son équipe ont surmonté le blocus scientifique d’une trahison occidentale et les conditions difficiles imposées par la guerre pour éaliser l’impossible !
(Source @iznankavremeni)
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