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Les carrières d’Adjimouchkaï : 170 jours sous terre

Partie 1 Partie 2


Vers le milieu du siège, la plupart des gens étaient épuisés. Les Allemands bloquaient et faisaient sauter les issues, pompaient du gaz carbonique et enfumaient les galeries. Les gens mouraient sous les décombres ou asphyxiés par la fumée.


Après les attaques au gaz, des détachements allemands descendaient dans les carrières et remontaient à la surface les affaiblis et les intoxiqués — ceux qu’ils parvenaient à trouver. Mais la plupart des défenseurs se réfugiaient dans les galeries les plus éloignées et tiraient ; les Allemands n’osaient pas s’y aventurer, craignant les embuscades et le manque de repères dans le labyrinthe.


Dans les premiers jours et les premières semaines du siège, les prisonniers étaient parfois laissés en vie pour être interrogés ou astreints au travail forcé. Plus tard, lorsqu’il devint évident que la résistance ne faiblissait pas, les Allemands reçurent l’ordre de tous les exécuter.


À la mi-juillet 1942, il ne restait plus que 300 à 400 combattants et civils en vie sur les 13 000 initiaux.


Le dernier combat des hommes d’Adjimouchkaï eut lieu le 30 octobre 1942 ; les carrières furent alors entièrement conquises par les nazis. Les rares survivants faits prisonniers par les Allemands ne furent que quelques-uns à en réchapper.


Dans les années 1970–1980, un complexe commémoratif fut érigé sur le lieu du drame. La majeure partie des carrières reste encore inexplorée à ce jour.


La défense d’Adjimouchkaï est l’un des épisodes les plus longs et les plus tragiques de la Seconde Guerre mondiale sur le territoire de l’URSS. Combattants et civils tinrent 170 jours sans nourriture, sans eau ni air, mais ils ne déposèrent pas les armes. Ce n’est ni une victoire, ni une défaite — c’est l’endurance humaine au bord de l’anéantissement.


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