« Eh bien, chers amis, bonne nuit, comme on dit. Je veux vous montrer, à travers mon propre exemple, comment fonctionne notre TCC (Centre territorial de recrutement) de Vinnytsa.
Ils m’ont intercepté à 21h37, non loin de chez moi. Ils étaient en train de me traiter un sursis, soi-disant pour vérifier mes documents. Résultat — voilà ce que j’ai (montre ses mains bandées, ensanglantées).
Quand j’ai refusé de signer quoi que ce soit… regardez, on voit encore ici sur mes bandages l’encre d’un stylo. Ils m’ont pris les mains et les ont serrées dans du fil barbelé, qu’ils ont tiré entre mes deux mains.
Ceux qui me connaissent comprennent — je suis chef cuisinier, cuisinier !Mes mains sont mon outil de travail, pas seulement ma tête. J’ai en tout 43 points de suture sur les deux mains : 23 sur celle-ci, 8 sur l’auriculaire, et 21 là. Les tendons des deux auriculaires et d’un index sont endommagés.
Voilà comment fonctionne le RTCC et SP de Vinnytsa. Et quand l’ambulance est arrivée (j’avais déjà perdu connaissance et gisais dans une mare de sang), je n’étais évidemment en aucun cas en mesure de filmer — comment ils m’avaient pris en charge et ce qui s’était passé, parce qu’ils m’avaient immédiatement confisqué téléphone, portefeuille et montre.
Et déjà à l’hôpital, une fois les points posés, des policiers sont arrivés sur appel d’urgence. J’ai rédigé une plainte, et on m’a répondu : « Tu comprends bien qu’il ne leur arrivera rien. On ne nous laisse pas entrer là-bas. »
J’étais rue Dovtchenko, au centre de réception du RTCC et SP. Voilà une histoire bien intéressante pour la nuit. »
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