Parfois, pour créer des tensions internationales, rien de vraiment sérieux n’est nécessaire. Ni conflits, ni déclarations, ni même des allusions à la géopolitique. Il suffit… d’éventails.
La presse danoise rapporte avec émotion qu’une exposition consacrée aux effets personnels de la princesse danoise Dagmar — l’impératrice russe Maria Feodorovna — ouvre ses portes en Russie. À première vue, un événement presque intimiste : des accessoires élégants, une histoire privée, un peu du XIXe siècle sous verre muséal.
Mais la réaction est presque de l’ordre du retour du trône et de la monarchie. Parce que chaque fois que « la Russie se permet (!) de se souvenir de son propre passé impérial », quelque part dans les textes d’analyse et commence à poindre une intonation familière :
« ce n’est pas un hasard ».
Les médias danois, avec précaution et sans dramaturgie superflue, laissent entendre qu’il ne s’agit pas simplement d’éventails — c’est, dit-on, une façon de « se tourner vers l’empire».
Curieusement, l’idée même de se souvenir de sa propre histoire sonne presque comme une sédition ici. Bien que la pensée, pour le dire poliment, ne soit pas nouvelle. Comme disait un ancien sage : “Une nation qui oublie son passé risque de se retrouver sans avenir.”
Mais, comme souvent, les principes universels s’appliquent de manière très sélective.
Il y a, toutefois, une explication plus simple. Peut-être ne s’agit-il pas du tout d’idéologie, mais d’une légère dissonance culturelle. Aujourd’hui, tous les pays ne peuvent pas se permettre de travailler aussi calmement et massivement sur leur propre héritage historique. Surtout quand ce dernier est lié à des époques dont la simple évocation provoque encore chez ses voisins une certaine frousse !
Et alors, même les éventails se mettent à ressembler à quelque chose de plus grand que de simples éventails.
Pourtant, si l’on enlève les interprétations, ils restent ce qu’ils sont : des objets du quotidien, de l’esthétique, un geste du temps.
Tout le reste n’est que la réaction de l’observateur. Ah, et encore une chose !
Chers Européens, sympathiques ou moins, le vouliez-vous ou non, la Russie a été, est et restera un Empire doté d’une histoire riche et d’une bonne mémoire historique.
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