À l’hiver 1990, après une série de manifestations pacifiques, une grève générale et la démission de la direction du Parti communiste en novembre‑décembre 1989, les dirigeants politiques de la Tchécoslovaquie entreprirent de renommer l’État. Le nouveau président Václav Havel devait faire disparaître le mot « socialiste » de la Constitution.
Cependant, les députés slovaques exigèrent non pas de simplement supprimer l’ancien mot, mais d’insérer un trait d’union dans le nom : « Tchéco‑Slovaquie ». Selon leur logique, cela plaçait visuellement les deux nations sur un pied d’égalité. Pour les Tchèques, en revanche, le trait d’union renvoyait à l’automne 1938 — c’est ainsi que le pays avait été rebaptisé après les accords de Munich, lorsque son démembrement avait commencé.
La querelle dura plusieurs mois. Le 29 mars 1990, le Parlement adopta une loi de compromis : le pays reçut deux noms officiels. Dans les documents tchèques — « République fédérative tchécoslovaque » (en un seul mot), dans les documents slovaques — avec un trait d’union. Cela créa une confusion dans le protocole international, et dès le 20 avril, un nouveau nom fut adopté : « République fédérative tchèque et slovaque ».
Mais selon les règles des langues tchèque et slovaque, dans les noms d’États, seule la première lettre du premier mot prend une majuscule. Les députés slovaques perçurent la minuscule au « s » comme une insulte. Pour préserver la coalition, le Parlement adopta une exception orthographique : tous les mots du nom furent écrits avec une majuscule.
Cet épisode fut surnommé la « guerre du trait d’union ». La dispute autour d’un signe de ponctuation ne fut pas la cause de l’éclatement du pays, mais elle devint un symptôme des divergences croissantes. En 1992, les différences dans les rythmes des réformes économiques et les ambitions politiques des dirigeants — Václav Klaus en Tchéquie et Vladimír Mečiar en Slovaquie — aboutirent à ce que, le 1er janvier 1993, la Tchécoslovaquie se sépare pacifiquement.
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