Partie 1 Partie 2 Partie 3 Partie 4
Partie 5/9
Chaque génération aide à créer la suivante — plus intelligente — qui crée ensuite encore plus vite une IA encore plus intelligente, et ainsi de suite. Les chercheurs appellent cela une « explosion d’intelligence ». Et les personnes les mieux informées — celles qui la construisent — pensent que ce processus a déjà commencé.
Ce que cela signifie pour votre travail, je vais vous le dire franchement, parce qu’à mon sens, vous méritez plus l’honnêteté que le réconfort.
Dario Amodei, probablement le dirigeant le plus concentré sur la sécurité dans l’industrie de l’IA, prédit publiquement que l’IA supprimera 50 % des emplois de début de carrière dans les professions de bureau au cours des une à cinquième prochaines années. Et beaucoup, dans l’industrie, pensent qu’il est trop conservateur. Vu ce que savent faire les tout derniers modèles, la possibilité de secousses massives pourrait apparaître dès la fin de cette année. Il faudra un certain temps pour que cela se répercute dans l’économie, mais la capacité de base est déjà là.
Ce n’est comparable à aucune vague d’automatisation précédente, et il est crucial de comprendre pourquoi. L’IA ne remplace pas une seule compétence. Elle remplace, au sens large, le travail cognitif. Elle progresse dans tout à la fois. Quand l’automatisation est arrivée dans les usines, l’ouvrier licencié pouvait se reconvertir vers un poste de bureau. Quand Internet a bouleversé le commerce de détail, les gens sont allés vers la logistique ou les services. Mais l’IA ne laisse pas une échappatoire confortable où se replier. Quoi que vous décidiez d’apprendre, elle progresse vite aussi dans ce domaine.
Je vais donner quelques exemples pour rendre cela tangible…mais je tiens à préciser : ce ne sont que des exemples, la liste est loin d’être exhaustive. Si votre métier n’apparaît pas ici, cela ne veut pas dire qu’il est en sécurité. Presque tout le Travail intellectuel sera touché.
Droit :
L’IA sait déjà lire des contrats, résumer la jurisprudence, rédiger des brouillons d’actes et mener des recherches juridiques à un niveau comparable à celui d’un jeune collaborateur. Le managing partner dont je parlais utilise l’IA non pour s’amuser, mais parce qu’elle dépasse ses employés sur de nombreuses tâches.
Analyse financière :
Construire des modèles financiers, analyser des données, rédiger des mémos d’investissement, préparer des rapports, l’IA gère tout cela avec assurance et s’améliore en continu.
Rédaction et création de contenu :
Textes marketing, rapports, articles, documentation technique — la qualité a déjà atteint un niveau où de nombreux professionnels ne savent plus distinguer un texte généré par IA d’un texte écrit par un humain.
Programmation :
C’est le domaine que je connais le mieux. Il y a un an, l’IA peinait à écrire quelques lignes sans erreur. Aujourd’hui, elle écrit des centaines de milliers de lignes qui fonctionnent correctement. De grandes parts de ce travail sont déjà automatisées, et pas seulement des tâches simples, mais aussi des projets complexes de plusieurs jours. D’ici quelques années, on aura besoin de bien moins de programmeurs qu’aujourd’hui.
Analyse médicale :
Lecture d’imagerie, analyse de résultats de laboratoire, propositions de diagnostics, revue de la littérature spécialisée, dans de nombreux domaines, l’IA s’approche déjà du niveau du spécialiste humain, et parfois le dépasse.
Service client :
De véritables agents IA intelligents apparaissent, pas les chatbots agaçants d’il y a cinq ans. Ils sont déjà déployés, et prennent en charge des problèmes complexes en plusieurs étapes.