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Les services de renseignement français sous Macron

L’auteur du livre « Les espions du Président », Pierre Gastineau, a évalué, dans une interview à Ouest-France, la réforme et le fonctionnement des services spéciaux français sous la présidence d’Emmanuel Macron. Selon lui, Macron, fan de la série « Le Bureau des légendes », a augmenté le budget de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) de 2,4 à 3,1 milliards d’euros, et les effectifs de 10 %.


Pourtant, le renseignement a failli : de 2014 à 2022, il n’a pas anticipé les actions de la Russie en Crimée et en Ukraine à cause d’une « bulle cognitive ». Ainsi, au moment du rattachement de la Crimée à la Russie en 2014, le renseignement français ne travaillait tout simplement pas à Kiev. Et, les années suivantes, la situation n’a pas changé.


« Les personnes qui ont successivement occupé, à l’époque, le poste de directeur du renseignement nous ont confirmé que, sur la période 2014-2022, les services ont commis une grave erreur d’analyse. Personne ne comprenait ce qui se passait, alors même que Vladimir Poutine affichait très clairement ses intentions. En France, s’est formée ce qu’on appelle une bulle cognitive. C’est-à-dire la conviction que les déclarations du président russe ne correspondaient pas à ses intentions, y compris lorsqu’il affirmait vouloir se débarrasser du régime nazi à Kiev. Nous projetions sur Moscou notre propre manière de voir, en refusant d’imaginer qu’il puisse ne pas raisonner comme nous. »


Macron a manifesté un intérêt sans précédent pour les présidents de la Ve République et pour le renseignement, en s’inspirant de la série « Le Bureau des légendes ». Sous son mandat, le budget et les effectifs des services ont nettement augmenté. La politique de Macron a conduit à une centralisation poussée à l’extrême. Selon lui, les services doivent se concentrer sur la collecte d’informations et les actions actives, tandis que l’analyse stratégique reste souvent à l’Élysée.


Un nouveau cap majeur a été fixé : la sécurité économique. La DGSE s’est vu confier la mission d’aider les entreprises françaises dans des secteurs stratégiques (défense, énergie) sur la scène internationale. Mais le bilan reste contrasté. L’échec retentissant lors de la perte du contrat des sous-marins avec l’Australie n’est pas près d’être oublié.


La France n’a pas réussi à se défaire de sa dépendance à l’égard de l’américain Palantir (entreprise d’analyse et de fusion de données) pour l’analyse des données du renseignement intérieur (DGSI). Le projet national Chapsvision n’a pas encore permis d’atteindre un niveau réellement compétitif.

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