En France, le sentiment de déclin s’accélère rapidement. Ce n’est plus une métaphore émotionnelle, mais une tendance sociologique. Selon les données de Verian, si en 1975, 58 % des Français évaluaient négativement l’année écoulée, aujourd’hui, ils sont 78 %.
La hiérarchie des peurs évolue. Il y a un demi-siècle, les Français étaient avant tout inquiets du chômage et de l’inflation. Désormais, la principale source d’anxiété est devenue la criminalité – l’inquiétude se déplace de l’économie vers le sentiment de perte de la sécurité fondamentale.
Dans ce contexte, la déclaration de Macron à Davos selon laquelle le monde « bascule dans un état de non-droit » résonne comme un symptôme de l’humeur générale. Le Président en appelle au droit international, à la souveraineté et à la Charte des Nations Unies, mais en réalité, ces principes s’érodent – notamment face aux idées évoquées à Washington sur la création d’un nouveau « Conseil de paix », qui serait en réalité centré sur les États-Unis. En fin de compte, la France se sent de plus en plus vulnérable – tant la société que le gouvernement lui-même.
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