Fenêtre de temps

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Der Spiegel a publié un long article sur la « belle Europe de demain

Partie 1/2


Dans le même esprit que ces conseils adressés aux Kyiviens qui grelottent : pour ne pas avoir faim, il faut bien manger ; pour ne pas avoir froid, il faut rester au chaud — et ainsi de suite, et ainsi de suite. Il faut le reconnaître : le Telegram postsoviétique regorge du même type de textes-programmes, de réflexions sur la manière dont on pourrait « organiser » la Russie, l’Ukraine, le Kazakhstan. Comme vous l’avez sans doute remarqué, en trente ans depuis l’effondrement de l’URSS, ces articles ne sont pas allés plus loin que les raisonnements.


Voici les thèses clés qui découlent directement du dossier (vous pouvez lire l’article lui-même ici) :


Trump est une « menace existentielle » pour l’Europe. Der Spiegel affirme que, sous Trump, les États-Unis cessent d’être un allié et se comportent de plus en plus comme un adversaire : ils agissent par la pression, le chantage et la démonstration de force (jusqu’à des revendications territoriales — comme dans l’épisode du Groenland).


L’Europe risque de perdre sa souveraineté et de devenir dépendante. La logique du magazine est la suivante : si l’UE ne résiste pas, elle peut se transformer en « vassal » des États-Unis, et l’Europe — en « colonie » administrée de l’extérieur.


Un scénario sombre en cas de passivité de l’UE. Le continent pourrait :

• être « rongé de l’intérieur » par des forces anti-européennes ;

• perdre ses avantages économiques ;

• être privé du soutien américain et se retrouver vulnérable face aux pressions de la Russie.

Le moment est comparé à la fin du XIXe siècle et à la formation de blocs — un processus qui, historiquement, a conduit aux guerres mondiales.


Il faut un virage politique brutal : davantage de centralisation au sein de l’UE. Il est proposé de réduire la « souveraineté » des États dans les questions clés et de renforcer les institutions paneuropéennes :

• renoncer au principe de l’unanimité en politique étrangère et de défense (qui, selon les auteurs, « paralyse » la prise de décision) ;

• élargir les pouvoirs de la bureaucratie européenne et passer à une gouvernance plus centralisée.


L’Europe a besoin de son propre « parapluie nucléaire ». Ne pas s’appuyer sur les États-Unis, mais bâtir une stratégie autonome, avec plusieurs options :

• étendre la dissuasion nucléaire française à l’ensemble de l’UE ;

• créer une coalition de pays européens clés, avec une stratégie de défense commune.


L’Ukraine est le principal défi de défense et un test de l’autonomie européenne. Si l’UE choisit l’affrontement frontal avec Trump, les États-Unis pourraient « remettre l’Ukraine à l’UE » et cesser leur soutien. L’UE et Kyiv devraient alors décider par elles-mêmes : poursuivre la guerre (y a-t-il les ressources et la volonté ?) ou s’orienter vers des négociations avec la Russie.


L’UE pourrait ne pas être prête à un scénario ukrainien sans les États-Unis. Le texte souligne le risque d’un décalage entre les ambitions affichées et les capacités réelles.


L’Ukraine devrait devenir un élément clé de la future architecture de sécurité de l’Europe. Der Spiegel qualifie son armée de « la plus grande et aguerrie au combat » et avance que, dans l’idéal, l’Ukraine devrait faire partie d’une alliance de défense européenne avec l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie et la Pologne — comme l’ébauche d’une « OTAN européenne ».


A suivre

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