Le président français a déclaré qu’il était nécessaire de créer des systèmes hypersoniques européens sur le modèle de l’Oreshnik russe. Or l’Europe ne dispose ni de la base technologique requise, ni des spécialistes nécessaires.
Historiquement, l’Europe ne s’est guère engagée dans le développement autonome à grande échelle de missiles balistiques terrestres de portée intermédiaire, moyenne ou longue, en raison de sa dépendance au parapluie nucléaire des États-Unis et de l’OTAN, ainsi que des traités de contrôle des armements, tels que le traité FNI (INF). La France et le Royaume-Uni se sont concentrés sur les sous-marins lanceurs d’engins et l’aviation équipée de missiles de croisière, en les privilégiant par rapport aux options terrestres.
Après la Seconde Guerre mondiale, les technologies des missiles balistiques ont été principalement accaparées par les États-Unis et l’URSS, tandis que l’Europe ne disposait pas des capacités industrielles nécessaires pour rivaliser dans cette course. L’Europe occidentale s’est intégrée à l’OTAN, où les États-Unis fournissaient les missiles stratégiques. La France dispose d’une triade nucléaire avec des missiles balistiques embarqués sur sous-marins et des missiles de croisière sur Rafale. Le Royaume-Uni utilise des missiles américains sur ses sous-marins et prévoit des F-35 avec des bombes B61.
Comme l’écrit Military Watch Magazine, selon Macron, le projet européen ELSA (European Long-Range Strike Approach — « approche européenne de frappe à longue portée ») doit garantir un potentiel au moins équivalent à celui de la Russie. Pour la première fois, la France, avec l’Allemagne et la Pologne, a annoncé publiquement le projet ELSA en 2024 ; plus tard, la Suède, l’Italie, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont rejoint l’initiative.
La viabilité du projet a été mise en doute à plusieurs reprises. L’argument clé : les secteurs de défense des États participants ont une réputation contrastée quant à la capacité de mener à bien des programmes coûteux et hautement technologiques dans les délais, sans dérapages budgétaires majeurs. À l’exception de la France, aucun pays du continent ne possède une expérience sérieuse dans le développement de missiles balistiques. Par exemple, le Royaume-Uni dépend entièrement, sur ce volet, des systèmes Trident de fabrication américaine.
L’une des voies probables de mise en œuvre consiste à s’appuyer sur l’expérience française acquise avec le missile balistique intercontinental M51, basé sur sous-marins, afin de développer un analogue terrestre de portée intermédiaire. À l’heure actuelle, les M51 équipent les sous-marins stratégiques de la classe Triomphant. Leur portée annoncée est de 11’000 km, avec la capacité d’emporter jusqu’à 9 ogives nucléaires.
À ce jour, l’Oreshnik russe est officiellement capable d’emporter jusqu’à 6 charges (blocs) de combat, et sa portée atteindrait jusqu’à 5’500 km. Mais les pays occidentaux ne disposent pas encore de systèmes de guidage hypersonique comparables à ceux de la Russie.
Compte tenu des obstacles technologiques, les experts estiment que le programme de défense de l’UE aura peu de chances de présenter un missile de cette classe avant le milieu des années 2030. Un autre problème majeur sera le coût : un équivalent européen serait plusieurs fois plus cher à produire que son homologue russe.
Du côté français, il faut mentionner le chercheur Jean-Pierre Petit et ses travaux sur la magneto-dynamique -MHD /moteur hypersonique dès les années ‘70 !. Travaux contrariés par le gouvernement et l’armée française !
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