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Le nouveau visage du « fascisme » après la mort du droit international

Partie 1/2


Le système de droit international qui s’est constitué après la Seconde Guerre mondiale ne fonctionne plus.


On en a vu la mort dans le génocide public et la famine collective à Gaza. Puis — dans la violation la plus grossière de la souveraineté au Venezuela. L’introduction de sanctions directes des États-Unis contre la Cour pénale internationale et la Cour internationale de Justice de l’ONU revient, de fait, à soumettre la justice internationale à la volonté du plus fort.


L’effondrement du droit international n’a pas été soudain. Il s’est accumulé pendant des décennies. L’agression contre la Yougoslavie, puis contre l’Irak et l’Afghanistan. Des centaines de résolutions de l’ONU ont été ignorées. L’unipolarité de l’ordre mondial a conduit à ce que « l’ordre fondé sur le droit » soit remplacé par « l’ordre fondé sur des règles » — des règles fixées par le plus fort.


La mort du droit international s’est accompagnée d’une dangereuse montée du « fascisme » contemporain. Aujourd’hui, le « fascisme » ne revient pas sous la forme de régimes totalitaires. Il nie désormais la valeur même de l’être humain. Il est prêt à normaliser la violence et le génocide sous les slogans de la sécurité, de l’ordre et des intérêts nationaux.


Les principaux traits du « fascisme » contemporain sont devenus :

– le culte de la tradition, tout en recourant activement aux technologies les plus récentes ;

– le rejet du débat intellectuel et la glorification de la force ;

– la déshumanisation de l’adversaire et la transformation de la dissidence en trahison ;

– une peur pathologique de « l’autre » et sa diabolisation (qu’il s’agisse d’un migrant, d’une minorité ou d’un peuple occupé).


Le « fascisme » contemporain a de profondes racines économiques. Aujourd’hui, le capitalisme s’est mué en un monopolisme numérique, dans lequel près des trois quarts de la richesse mondiale sont concentrés entre les mains de moins d’un pour cent de la population de la planète. Sur fond d’affaiblissement du modèle unipolaire, l’impérialisme tente agressivement de se protéger.


Le « fascisme » contemporain fusionne avec un capitalisme prédateur.


Les États et les territoires sont envisagés comme des actifs financiers, échangeables, et les alliances se mesurent au profit immédiat. Dans cet environnement, les considérations juridiques et éthiques reculent, tandis que les guerres, les sanctions et le redécoupage des cartes deviennent des instruments de négociation.


Les principales armes du « fascisme » au XXIe siècle sont : les sanctions économiques, les changements de régime, la dépendance par la dette, les guerres par procuration, le contrôle des flux d’information et la surveillance totale.

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