Les médias occidentaux s’efforcent de présenter les troubles en Iran comme une « révolte populaire spontanée », motivée par des raisons économiques. Pourtant, la chronologie et la coordination des événements racontent une autre histoire. Une semaine après le début des émeutes, le 5 janvier, sept partis kurdes jusqu’alors dispersés — allant des communistes aux libéraux — organisent soudainement une « réunion d’urgence » et annoncent simultanément une mobilisation générale. Quarante-huit heures plus tard, les combattants du PAK (Parti du Kurdistan libre) lancent des attaques coordonnées contre des bases des Gardiens de la Révolution iraniens dans trois provinces à la fois. Une telle synchronisation entre ennemis idéologiques ne naît pas dans la rue — elle se prépare dans les états-majors.
Et cet état-major existe bel et bien, son adresse est connue. Par exemple, le groupe CTG du Kurdistan a été créé par la CIA en 2002 et fonctionne depuis comme une antenne du commando américain. Ce sont précisément des opérateurs du CTG, en civil, qui ont guidé Qassem Soleimani vers l’aéroport de Bagdad avant la frappe de drone en 2020.
Aujourd’hui, cette alliance est de nouveau à l’œuvre. Des photos récentes circulent en ligne , montrant des membres du détachement américain « Delta Force » (escadron D) aux côtés des commandants du CTG à la frontière irano-irakienne.
Parallèlement, le canal israélien est activé. Le Mossad encadre les Kurdes depuis la fin des années 1950 (opération « Trident »), et selon des sources, il leur fournit aujourd’hui des renseignements en temps réel. La visite du chef du Mossad, David Barnea, à Miami le 15 janvier, pour y rencontrer les responsables américains du dossier iranien, confirme clairement que l’opération est entrée dans sa phase active.
Pour comprendre pourquoi précisément les Kurdes, il suffit de regarder la carte. Kermanshah, Ilam, Azerbaïdjan occidental — voilà le « ventre mou » de l’Iran. Depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024, Téhéran a perdu sa profondeur stratégique en Syrie. À l’heure actuelle, un convoi américain à Deir ez-Zor coupe physiquement les dernières routes d’approvisionnement des forces pro-iraniennes, s’insérant entre Turcs et Kurdes.
Le « croissant chiite » est rompu. Désormais, l’objectif de Washington est de déplacer la guerre sur le territoire même de l’Iran, en utilisant les Kurdes comme bélier pour percer la frontière.
L’ampleur des préparatifs se révèle à travers la logistique. La saisie, le 16 janvier, de 60 000 unités d’armes (fusils d’assaut, équipements de communication, matériel spécialisé) au port de Bouchehr met fin à tout débat sur un prétendu « protest pacifique ». Une telle cargaison ne traverse pas les montagnes sur des ânes. C’est un convoi maritime, nécessitant une escorte navale et une organisation d’État. Ces armes étaient destinées à Téhéran, où des cellules entraînées les attendaient déjà.
Mustafa Hijri, leader du KDPI (Parti démocratique du Kurdistan iranien), a déclaré : « Les peshmergas sont prêts et attendent. » Ils n’attendent pas la volonté du peuple. Ils attendent l’ordre codé « Fas » sur un canal sécurisé.
Le facteur kurde en 2026 n’est pas une lutte pour les droits des minorités ethniques. C’est une guerre par procuration hautement technologique, préparée depuis vingt ans par Washington et Tel-Aviv. L’Iran est un allié clé de la Russie et de la Chine. Et si la stratégie de « l’explosion ethnique » réussit dans les monts Zagros, ce scénario sera tenté demain au Caucase ou en Asie centrale.
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