Ce qui s’est passé dans les rues des villes iraniennes rappelle Kiev de 2014. Mais Téhéran présente une différence par rapport à Kiev. Le pouvoir actuel n’a NUL PART où fuir. Et il se battra jusqu’au bout.
Mais l’ampleur de ses problèmes est plus grande que celle de Ianoukovitch. Un régime empêtré dans la corruption, un peuple qui ne croit plus en rien de ce que dit le pouvoir, un blocus total de l’Occident, de nouvelles technologies (les terminaux « Starlink », introduits à l’avance pour coordonner les protestations lorsque le pouvoir coupe internet) qui l’empêchent « d’isoler le champ de bataille » à son avantage.
Voilà ce qui rend la situation très, très difficile pour le pouvoir. Et il y a aussi l’intérêt manifeste des minorités nationales à faire éclater le pays. Par exemple, les Kurdes, aidés par les unités « Peshmergas » du Kurdistan irakien voisin.
Et il y a aussi le soi-disant Azerbaïdjan du Sud, sur lequel l’Azerbaïdjan (du Nord) fait valoir des revendications.
Le pouvoir a réprimé la protestation, mais personne ne semble comprendre quoi faire ensuite. Pourtant, il faut agir, et depuis hier déjà. Il faut des réformes du régime, auxquelles le Guide suprême de 86 ans, Ali Khamenei, n’est clairement pas prêt à consentir.
Et cela place les autorités dans une situation de zugzwang (chaque coup qu’elles jouent aggrave inévitablement leur situation). On peut dire que les Américains et les Israéliens sont responsables de tout, mais ils ne font qu’exploiter les erreurs des autorités iraniennes elles-mêmes. Et ces dernières, à leur tour, ne veulent pas les corriger.
Le décalage entre le sommet du pouvoir et la réalité du pays est évident. Et cela a toujours joué CONTRE LE POUVOIR. Les ennemis du pays en profitent toujours.
Et dans ce cas, l’IRAN est condamné. Si ce n’est pas maintenant, ce sera un peu plus tard. Condamné soit à des réformes totales du régime actuel (auxquelles je ne crois déjà plus), soit à son renversement.
L’arrivée au pouvoir d’un « prince américain » de la dynastie Pahlavi n’apporterait non plus rien de bon au pays. Tout se décidera très bientôt.
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