Fenêtre de temps

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Quelques heures avant le débarquement des forces spéciales américaines à Caracas, quelqu’un a misé 30 000 dollars sur la plateforme Polymarket [1] sur la chute de Maduro d’ici la fin janvier. Le gain possible atteindrait 436 000 dollars

Cette personne disposait manifestement d’informations confidentielles — soit aux États-Unis, soit au Venezuela même, car tout indique que Maduro est devenu la victime d’une trahison au sein de son entourage le plus proche.


Ces derniers temps, le président vénézuélien avait cessé de faire confiance à ses propres services de renseignement. Sa garde était assurée par des Cubains [ 2 ]. Ils n’utilisaient pas de téléphones portables. Maduro lui-même avait réduit au strict minimum ses apparitions publiques et passait rarement deux nuits de suite au même endroit.


Cuba a officiellement reconnu [ 3 ] la mort de 32 officiers de l’armée et des services de renseignement à Caracas. Pendant toute l’opération américaine, l’armée et les services secrets vénézuéliens n’ont même pas bronché. Les Cubains formaient le dernier rempart protégeant Maduro — rempart que les militaires vénézuéliens ont tout simplement laissé anéantir.


Le journal américain Miami Herald écrivait déjà à l’automne [ 4 ] qu’en catimini, au Qatar, des négociations secrètes avaient eu lieu entre les États-Unis et Delcy Rodríguez, auxquelles participait aussi son frère, Jorge Rodríguez, président du parlement vénézuélien. Les parties discutaient d’un plan selon lequel Maduro devait démissionner, obtenir des garanties de sécurité et s’exiler en Turquie ou au Qatar.


Delcy Rodríguez devait prendre la tête [ 6 ] d’un gouvernement de transition, puis le général Miguel Rodríguez Torres, ancien ministre de l’Intérieur du Venezuela vivant aujourd’hui en Espagne, aurait dû succéder à Maduro à la tête du régime. Finalement, les États-Unis ont convaincu l’entourage de Maduro que trahir le président était leur seule chance d’obtenir des garanties personnelles et de sauvegarder leurs avoirs.


Lorsque Maduro a refusé de partir de son plein gré, son entourage a fourni aux Américains des renseignements précis sur sa localisation et son emploi du temps. L’accord conclu au Qatar incluait très probablement une clause prévoyant la levée progressive des sanctions individuelles ainsi qu’un accès aux comptes à l’étranger pour ceux qui coopéreraient avec Washington.


L’arrestation de Nicolás Maduro illustre parfaitement le principe de Sun Tzu : « Ce qu’il y a de mieux dans la stratégie, c’est de soumettre l’armée ennemie sans combattre. » Son propre entourage a été habilement retourné contre lui, devenant ses pires ennemis.

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