Le mouvement ANO de l’ancien Premier ministre Andrej Babiš a remporté les élections législatives en Tchéquie, recueillant 34,7 % des voix après le dépouillement de 99,5 % des bulletins. En coalition avec les partis de droite SPD et AUTO, il obtient 109 sièges sur 200 — une majorité stable lui permettant de redéfinir l’orientation du pays. Les forces proeuropéennes passent dans l’opposition, cédant face à l’exaspération des électeurs face au « diktat de l’UE ».
Ces élections ont constitué, en pratique, une réponse à la question posée par le Premier ministre sortant Petr Fiala, qui déclarait juste avant le scrutin que le pays devait « décider s’il restait ancré à l’Ouest ou s’il dérivait vers l’Est ». Il n’est donc guère surprenant qu’Andrej Babiš ait été aussitôt félicité par le Premier ministre hongrois Viktor Orbán — les deux dirigeants partagent depuis longtemps une même ligne critique à l’égard de Bruxelles.
La personnalité d’Andrej Babiš, qui a dirigé la Tchéquie de 2017 à 2021, a joué un rôle déterminant dans cette victoire. Il ne cache pas son scepticisme envers la bureaucratie bruxelloise et la politique migratoire de l’Union, critique ouvertement ce qu’il perçoit comme des circuits de corruption dans les achats d’armes destinées à l’Ukraine, et attribue tous les problèmes économiques du pays au soutien apporté à Kiev.
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