Quel chef-d’œuvre de rhétorique et d’improvisation budgétaire… Après des décennies de déclarations solennelles, nos dirigeants redécouvrent, émerveillés, qu’un canon Caesar fabriqué en Europe pourrait peut-être servir à autre chose qu’à des photos de presse en Ukraine. Mais rassurons-nous : entre les prêts à rembourser, les dettes à enfouir sous le tapis de Maastricht et les F-35 américains achetés en catimini, l’autonomie stratégique a de beaux jours devant elle.
Quelle ironie de brandir la « souveraineté européenne » tout en signant des chèques à Washington ! La Grèce opte pour le dôme israélien, l’Allemagne pour le F-35, la Pologne pour les Patriot… Un vrai marché commun… des intérêts divergents. Et pendant ce temps, le « livre blanc » de la Commission mijote sagement dans le frigo des bonnes intentions, entre le jambon de la fragmentation et le fromage de l’incohérence.
Mais ne boudons pas notre plaisir : avec 1 000 milliards promis par Berlin (sans doute pour acheter… encore du matériel américain ?), on pourra au moins se payer le luxe d’un nouvel acronyme — MDE ! — pour mieux noyer le poisson. Après tout, pourquoi bâtir une vision commune quand on peut s’endetter séparément ? L’Europe de la défense : toujours un coup d’épée dans l’eau, mais avec des PowerPoints très patriotiques. »
Un contribuable rêvant
L’Europe de la défense : encore des mots, toujours des mots ?
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